Délocalisation du centre courrier : les élus dénoncent un «jeu de dupes»

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Le projet de délocalisation du centre courrier de Beynat vers Malemort ne passe pas comme une lettre à La Poste pour les élus du secteur. Ce jeudi, ils ont organisé un rassemblement pour soutenir les salariés et les services publics sur leur territoire.

Le projet de délocalisation du centre courrier de Beynat aura réussi à faire l’unamité... contre lui. Jeudi, l’ensemble des élus des collectivités dont la distribution du courrier est assurée depuis ce centre, étaient réunis pour dénoncer un projet qui ne manquera pas d’avoir un impact pour les communes et leurs administrés. Les maires de Sérilhac, Le Pescher, Palazinges, Aubazine, Lanteuil, Le Chastang, Albignac, Ménoire et bien sûr Beynat avaient  revêtu leurs écharpes tricolores pour soutenir les salariés autant que leur territoire.
«Ce projet implique pour nos communes et nos administrés une distribution du courrier bien plus tardive» insiste Michel Monteil, le maire de Beynat. Si dans un premier temps, il visait à délocaliser l’ensemble du centre à Malemort, soit huit salariés, La Poste a par la suite changé son fusil d’épaule. «On leur a laissé le choix. Soit ils acceptaient de travailler à 20 km en conservant leur horaire de travail, soit ils continuaient à Beynat avec l’instauration d’une pause méridienne», explique Joël Berthier, secrétaire régional adjoint à Sud PTT.

"Pas de courrier avant 16 heures"

Un pause méridienne que les facteurs rejettent, que ce soit à Beynat ou ailleurs, et qui aurait elle aussi un impact sur le délai de distribution du courrier. «Il n’y aura pas de courrier avant 16 heures à certains endroits» s’insurge le maire beynatois.
Autre inquiétude pour élus, ce projet serait un «non-sens économique» leur communes. «Ces salariés vivent sur le territoire . De plus, les véhicules de La Poste font le plein et leurs révisions localement. Cette réorganisation porte en elle une atteinte à l’économie de nos territoires» indique Michel Monteil.
Que la délocalisation soit partielle ou totale, l’enjeu est beaucoup plus profond pour les élus. «Nous ne sommes pas dupes. Si certains postiers vont à Malemort, nous savons pertinemment qu’à terme c’est l’ensemble du centre qui sera délocalisé. Et la disparition du site entraînera dans son sillage celle du bureau de Poste» pronostique Michel Monteil. «La Poste, c’est presque le dernier service public qu’il nous reste et nous ne voulons absolument pas le perdre» glisse l’élu qui était déjà monté au créneau lorsque des menaces pesaient sur ce même bureau de poste.

"On ne se laissera pas faire !"

Surtout que les économies d’échelle réalisées par une telle délocalisation partielle sur le mode du volontariat ne saute pas vraiment aux yeux. Pour Sud PTT, «le but du jeu de La Poste c’est de supprimer des emplois. L’instauration de la pause méridienne sert surtout à faire sauter les actuels temps de pause des facteurs qui, mis bout à bout, permettront d’éliminer des tournées».
Pour l’heure, le maire de Beynat assure que «la direction nationale de la Poste s’est engagée à ne pas mettre cette réorganisation en application». «Cette situation est le résultat de décision d’un petit chéfaillon local zélé qui veut faire passer les choses en force. Mais on ne se laissera pas faire !» conclut Michel Monteil.

Mathieu Andreau