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Voix à la voie du changement

Politique

Ian Brossat, tête de liste PCF aux élections européennes a animé samedi à Argentat une réunion publique aux côtés du député André Chassaigne et du candidat Jean Mouzat. Plus de 150 personnes ont participé aux échanges portant entre autres sur les services publics.

La salle de la Halle était presque trop petite pour accueillir ce meeting de campagne européenne en Corrèze.
A quarante jours des élections, Ian Brossat a posé le contextepolitique  national, celui d’un pays secoué par «une très grande colère. Des millions de travailleurs en gilets jaunes, rouges  se mobilisent partout pour dire qu’ils veulent vivre dignement de leur travail». Retraités ponctionnés, étudiants  sélectionnés par Parcours Sup  font aussi les frais de la politique gouvernementale : «Quels sont les services publics que vous voulez fermer ? Il y a  quelques élus dans cette salle. Il nous arrive assez rarement d’être confrontés à des habitants qui nous demandent de fermer des services publics. En revanche, des gens qui réclament leur rouverture, on en voit tous les jours» rappelait la tête de liste, citant la lettre du président Macron ouvrant au Grand débat national. Réponse cette semaine ! Ian Brossat avait dans son viseur le dogme  économique de la barre des 3% de déficit et son corollaire une  austérité destructrice de services publics.
Libre et non faussée !
Un militant rappelait que «le PCF était le seul parti à avoir remis en cause cette conception terrible qui est celle de la  concurrence libre et non faussée. C’est de là que démarre tout le sens de ce qu’est le libéralisme. Comment concevoir une Europe de coopération, de fraternité quand on  introduit une règle du jeu qui consiste surtout à se diviser entre nous ?» s’interrogeait-il Jean Mouzat, maire communiste à Chanteix, président national du MODEF illustrait ce dogme  par le prisme du monde agricole et d’une rencontre : «Récemment j’ai été reçu par le président Macron au sujet de la loi Egalim.  Il avait promis que d’un coup de baguette magique il allait réussir à convaincre les patrons de l’agro-business de mettre la main aux portefeuilles. Je lui ai dit : il faut se donner les moyens. On a les outils pour calculer un prix minimum qui prenne en compte les coûts de production et celui des salaires. Il m’a répondu : vous n’y pensez pas, pour ce faire il faudrait revoir les traités européens où nous sommes dans cette concurrence libre et non faussée. C’est impossible»...
Dans une salle de la Halle sis sur les bords de la Dordogne, le sujet du renouvellement des concessions des barrages imposé par l’UE a alimenté de nombreux débats. «Il y a deux mois, en France on a failli tomber dans le noir. C’est grave qu’aujourd’hui on ne puisse pas avoir une sécurité au  niveau de l’énergie» s’inquiétait un élu rural.
L’eau un service d'intérêt général
Sur ce thème, Laurent Duplessis, syndicaliste CGT Mines Energie a éclairé les échanges en donnant quelques pistes de travail : «On parle de  privatisation des barrages. C’est un terme un peu abusif dans la mesure où nombre de barrages appartiennent à l’Etat et sont concédés à EDF, la SHEM... Il faut travailler à un projet de loi qui permet d’ancrer la production hydroélectrique dans un service d’intérêt économique général au niveau  européen et que ce sujet-là soit mis sur la table au parlement européen».
L’argument de la gestion globale de la ressource eau  (75% des réserves d’eau de surface sont contenues dans les barrages) sous maîtrise  publique servirait de cheval de Troie  pour   intégrer  ces infrastructures dans un service d’intérêt économique général compatible avec les directives
européennes.
André Chassaigne, député communiste, Président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale a expliqué à ce sujet le parcours législatif à suivre  pour faire modifier cette directive  européenne : «On a fait une proposition de résolution et pour qu’elle soit portée par la France, il faut qu’elle soit votée. C’est pour ça que c’est important de bousculer les députés en marche notamment. Il faut qu’un groupe    inscrive ce  projet dans sa niche parlementaire. Il faut ensuite que ça arrive en discussion à l’Assemblée nationale et remonte au niveau du parlement européen sous forme de proposition de résolution européenne.ça oblige le gouvernement français à être offensif sur ce sujet».
Le transfert de la compétence eau des communes aux Agglos et com’com a également été dénoncé par des élus ruraux avec la porte ouverte aux  grosses boîtes privées et à l’argent contre les gens.

Serge Hulpusch

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