Résistance
Samedi matin, le collectif Maquis de Corrèze et la municipalité de Marcillac-la-Croisille ont commémoré le 70e anniversaire de la «Préfecture du Maquis», au village du Nougein, en présence du fils de Robert Caulet et de la fille de Gilbert Bugeac. Deux plaques furent inaugurées à cette occasion.
«C’est une commémoration positive. Soixante-dix ans après la Libération, on parle surtout des drames et moins de l’aspect dynamique de la Résistance et ce qu’elle a réussi à construire», commente Laurent Caulet.
Son père, Robert alias Laurent, présida à partir du 14 juillet 1944, le Comité Départemental de Libération de la Corrèze, plus communément appelé «Préfecture du maquis». Cette dernière siégea clandestinement pendant un mois dans le village du Nougein, sur la commune de Marcillac-la-Croisille. Jusqu’à présent, personne ne pouvait se douter que dans une belle maison aux volets verts se préparait la future administration du département libéré. L’oubli est désormais réparé à l’initiative du collectif Maquis de Corrèze. Samedi matin, au cours d’une belle cérémonie, deux plaques commémoratives ont été posées : l’une à l’emplacement de la Préfecture provisoire et l’autre au coeur du hameau, en hommage à Robert Caulet. A cette occasion, cinq anciens résistants FTP ont été honorés (voir encadré). Pierre Pranchère a eu l’idée de cette manifestation en 2011, au cours d’une rencontre avec Jean Picard, ancien secrétaire de Robert Caulet. Elle fut soumise au maire de Marcillac-la-Croisille, Jean-Louis Bachellerie qui apporta d’emblée son soutien. Ce dernier a évoqué le passé du Nougein dans son discours. «Autrefois, le village comptait 300 habitants, possédait une école, un café, une épicerie. Au début du XXe siècle, il avait demandé son indépendance».
Ce lieu, situé au bord du plateau des étangs, non loin du siège du COPA à Saint-Pardoux-la-Croisille, et du siège des FTP à Clergoux, était tout désigné pour accueillir la «Préfecture du maquis». Pierre Pranchère a rappelé l’histoire des comités départementaux de libération. «Leur constitution découle de la stratégie qui lia l’insurrection nationale à la libération nationale définie par le Général de Gaulle en 1942 [...]. Construire l’administration d’une France résistante puis libérée était la condition du maintien de l’indépendance nationale au sortir de la guerre», indique-t-il. En effet, Roosevelt projetait de mettre la France sous tutelle après la Libération. Après la création des comités départementaux et locaux de libération, de Gaulle chargea André Le Troquer et Alexandre Parodi, commissaires de la République, de désigner les préfets avec le concours de Michel Debré. Robert Caulet assura donc cette fonction en Corrèze jusqu’à l’arrivée de Maurice Chantelauze.
La liste définitive du comité départemental de Libération compte 29 noms. Parmi eux figure celui de Gilbert Bugeac qui participa, entre autres, à l’organisation de l’Armée Secrète. Sa fille, Geneviève Loupias, était présente à l’hommage. Elle a salué «le regroupement fraternel des forces de différentes opinions» qui permit de libérer le pays et retient «la confiance réciproque qu’avaient les résistants entre eux». Maquis de Corrèze souhaite mettre en avant les 29 membres du comité dans une future publication «où chacun aura sa place».
Rendez-vous. Demain à 16h à la salle du Foyer rural de St-Martin-la-Méanne, Maquis de Corrèze et l’Anacr du Plateau des étangs, projettent deux films en cours : «Maquis de Corrèze 1: Insurrection» (durée 26 minutes) et «Maquis de Corrèze 2: Victoire et amertume» (durée 30 minutes). Ils comportent des interviews de résistants du Plateau des Etangs. Les réalisateurs seront présents.
Rendez-vous. Demain à 16h à la salle du Foyer rural de St-Martin-la-Méanne, Maquis de Corrèze et l’Anacr du Plateau des étangs, projettent deux films en cours : «Maquis de Corrèze 1: Insurrection» (durée 26 minutes) et «Maquis de Corrèze 2: Victoire et amertume» (durée 30 minutes). Ils comportent des interviews de résistants du Plateau des Etangs. Les réalisateurs seront présents.
Robert Caulet, dit Laurent
Né en 1906 à Marseille, Robert Caulet était professeur de dessin. Au cours d’un voyage en Allemagne en 1935, il comprend l’esprit du régime nazi. En 1937 il s’installe à Dakar. Il participe à la phase de mobilisation des tirailleurs sénégalais. Il arrive à Tulle en 1941 et enseigne au lycée. Là, il s’engage aux côtés de Brigouleix, Bugeac, Faucher. Il assiste aux événements de juin 44. A la tête du CDL en juillet, il dut régler des problèmes urgents : ravitaillement, épuration, échéances électorales, sort des prisonniers. Il quitta la Corrèze en 1946 pour Marseille lorsque sa charge devint obsolète et après avoir épousé une résistante d’origine alsacienne à Egletons. L’historien Bruno Karthauser lui consacre une biographie: «Caulet, dit Laurent, résistant en Corrèze 1906-1984, le récit d’une vie», à paraître en octobre. Une conférence est prévue à Tulle le 7 novembre.
Distinction
Cinq anciens résistants FTP ont reçu des mains de Pierre Pranchère la croix du combattant volontaire de la Résistance.
- Elise Mazenoux-Pranchère, Marcillac-la-Croisille.
- Georges Bordes, de Saint-Hilaire-Foissac.
- Marcel Boulègue, porte drapeau, Saint-Hilaire-Foissac.
- Maurice Fraysse, Saint-Martin-la-Méanne.
- Paul Mialet, Saint-Pardoux-la-Croisille. Jeune ouvrier à la Manu, il a participé à l’attaque de Tulle.







