Si quelques regains de confiance et d’espoir se manifestaient à la suite du point-presse du chef de l’Etat, ce serait, après tout, un phénomène à ne pas négliger au regard du climat de morosité, de découragement et d’angoisse qui règne aujourd’hui. Dans cette hypothèse, cela signifierait que François Hollande a su se montrer convaincant devant les journalistes, notamment au plan de son engagement majeur : l’inversion de la courbe du chômage à compter de fin 2013. Malheureusement pour lui et surtout pour le pays, il n’est porteur d’aucune mesure qui n’ait déjà été prise ou préparée par son gouvernement et sa majorité. Or, ces mesures, au mieux s’avèrent inefficaces et, au pire, néfastes.
Les nouvelles générations d’emplois aidés en direction des jeunes et des seniors peinent à se mettre en place. Elles pourraient, pourtant, pour un temps, apporter un peu d’oxygène. Mais, quant à l’essentiel des dispositifs créés par le nouveau pouvoir, centrés sur la diminution du coût du travail au nom de la compétitivité, ils n’ouvrent que sur des perspectives d’aggravation. L’attribution, à ce titre, de 20 milliards de cadeaux à l’ensemble des entreprises n'alimentera, pour l’essentiel, que la marge des profits, sans contreparties pour les investissements et l’emploi. D’autant que ces milliards seront notamment financés par la TVA sociale, attentatoire à la consommation et donc à la croissance! Par dessus le marché, la diminution des investissements publics ne fera qu’ajouter du carburant à la récession. La boucle de l’engrenage récessif sera, pourrait-on dire, bouclée socialement par les réformes des retraites, des allocations familiales et de l’indemnisation du chômage. Chacune d’entre elles tirera le pouvoir d’achat vers le bas…
Adoubée et surveillée par l’Europe des technocrates et des places financières, cette politique austéritaire et libérale déserte les rivages mêmes de la gauche.



