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presse

Édito

Ca va mal, continuons ! Vendredi, 17 Mai, 2013

Si quelques regains de confiance et d’espoir se manifestaient à la suite du point-presse du chef de l’Etat, ce serait, après tout, un phénomène à ne pas négliger au regard du climat de morosité, de découragement et d’angoisse qui règne aujourd’hui. Dans cette hypothèse, cela signifierait que François Hollande a su se montrer convaincant devant les journalistes, notamment au plan de son engagement majeur : l’inversion de la courbe du chômage à compter de fin 2013. Malheureusement pour lui et surtout pour le pays, il n’est porteur d’aucune mesure qui n’ait déjà été prise ou préparée par son gouvernement et sa majorité. Or, ces mesures, au mieux s’avèrent inefficaces et, au pire, néfastes.

Les nouvelles générations d’emplois aidés en direction des jeunes et des seniors peinent à se mettre en place. Elles pourraient, pourtant, pour un temps, apporter un peu d’oxygène. Mais, quant à l’essentiel des dispositifs créés par le nouveau pouvoir, centrés sur la diminution du coût du travail au nom de la compétitivité, ils n’ouvrent que sur des perspectives d’aggravation. L’attribution, à ce titre, de 20 milliards de cadeaux à l’ensemble des entreprises n'alimentera, pour l’essentiel, que la marge des profits, sans contreparties pour les investissements et l’emploi. D’autant que ces milliards seront notamment financés par la TVA sociale, attentatoire à la consommation et donc à la croissance! Par dessus le marché, la diminution des investissements publics ne fera qu’ajouter du carburant à la récession. La boucle de l’engrenage récessif sera, pourrait-on dire, bouclée socialement par les réformes des retraites, des allocations familiales et de l’indemnisation du chômage. Chacune d’entre elles tirera le pouvoir d’achat vers le bas…

Adoubée et surveillée par l’Europe des technocrates et des places financières, cette politique austéritaire et libérale déserte les rivages mêmes de la gauche.

Christian AUDOUIN
Indigestion de couleuvres Jeudi, 16 Mai, 2013

Certes, voilà déjà plusieurs décennies que les Français ont l’habitude d’emmagasiner les mensonges proférés par la classe politique au pouvoir. Mais à force d’avaler des couleu-vres, la «crise de foi» est imminente.
Alors que la récession vient d’être confirmée par l’Insee, ce qui n’est guère une surprise vu qu’elle avait été annoncée par le FMI, la Commission européenne et de très nombreux économistes, François Hollande, Pierre Moscovici et Michel Sapin continuent de promettre l’inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année. Or, dans la mesure où ces derniers n’inversent en rien leur politique, on se demande bien par quel miracle leurs incantations pourraient devenir réalité.
Le millier de contrats à durée indéterminée au sein de Pôle Emploi et la centaine de milliers de contrats d’avenir destinés aux jeunes non qualifiés – un procédé qui tarde d’ailleurs dangereusement à se mettre en place – sont des mesures qui font bien pâle figure face à l’ampleur de la crise. De même et selon de nombreux experts, le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) ne suffira certainement pas à encourager les patrons d’entreprise à embaucher. «A quoi bon ?» pourront-ils être tentés de penser, maintenant que l’ANI leur permet d’abaisser les paies des salariés déjà sur place, tout en exigeant d’eux des horaires revus à la hausse.
Loin de se rendre à l’évidence, le gouvernement préfère continuer à anticiper les exigences de l’Union européenne en répondant «austérité !», quand cette dernière dit «réduction des déficits publics». Et perdus dans les limbes, la croissance et le pouvoir d’achat qui pourraient pourtant permettre la relance de l’économie.

Mickaëlle JOUAULT
Le pouvoir de dire «non» Vendredi, 10 Mai, 2013

«Les plus désespérés sont les chants les plus beaux» écrivait Alfred de Musset dans La Nuit de Mai. Un thème repris ensuite par Bernard Lavilliers pour porter la parole des salariés en lutte. Le poète a donc bien toujours raison car c’est du plus profond des hommes que renaît l’espoir. Quand il ne reste plus que le pouvoir de dire «non», rien n’est perdu et tout commence.
A Florange, chez PSA ou dans d’autres entreprises, les travailleurs ne baissent pas les bras. Question de dignité pour les uns, ultime combat pour les autres, mais il n’est pas question de détourner le regard devant ceux qui tranchent dans la chair humaine comme on le ferait dans l’arrière boutique d’une boucherie. On tire alors la valeur ajoutée des beaux morceaux tandis que le reste part en ragoût ou à l’équarrissage. Il paraît que cela s’appelle la «real politique». En clair, on s’adapte mais toujours sur la même base, celle qui consiste à presser le salarié comme un citron et à le virer dès qu’il réclame son dû. Un dû qui, d’ailleurs va fondre comme neige au soleil avec l’application de l’ANI, mais «encore un effort camarade, c’est pour préserver tes droits!»
Pourtant, hier, un sondage confirme que 60% des Français sont opposés à un nouveau recul de l’âge de la retraite et 57% ne sont pas favorables à l’allongement de cotisation au-delà de 42 annuités. Qu’ont-ils dans le crâne ces salariés à ne pas vouloir se soumet-tre à la logique socio-économique? Rien d’autre que le pouvoir de dire «non» et de refuser de payer une crise dont ils ne sont pas responsables.
Les plus désespérés sont toujours les chants les plus beaux.

Thierry SPRIET
Le couvercle bouge Lundi, 6 Mai, 2013

Rien n’y a fait, ni les silences organisés sur sa préparation, ni les dénigrements à prétention démobilisatrice : la marche citoyenne à l’initiative du Front de gauche, contre l’austérité et le pouvoir de la finance, pour la VIe République, a connu un succès populaire considérable. Il y a désormais un après 5 mai à partir duquel les mobilisations pour une alternative de gauche à la politique choisie par François Hollande, vont gagner en rythme, en ampleur et en contenu. Un rapport des forces nouveau est en construction, afin qu’à la défaite électorale de Nicolas Sarkozy succède tout ou partie du changement annoncé mais toujours attendu. Quand et comment ? Tout va dépendre de l’élan et du périmètre du rassemblement nécessaire pour l’imposer.

Les partis du Front de gauche, à l’offensive, opèrent avec détermination et ouverture. L’engagement d’Eva Joly à leurs côtés ne passe pas inaperçu. Aucun avenir ne leur est interdit sur la route de la révolution citoyenne, dont la direction socialiste aurait tort de sous-estimer la pertinence et l’efficacité du concept. Le pouvoir quasiment monarchique, sous la Ve, du chef de l’Etat qui se permet de n’en faire qu’à sa tête, à rebours de ses propres promesses et dans le mépris des attentes de la majorité de ses électeurs, est devenu anachronique et insupportable. Le couvercle sautera un jour ou l’autre…

Hier, entre Bastille et Nation, c’est l’esprit de résignation et de renoncement qui a été battu en brèche.

Christian AUDOUIN
Misérables calculs Vendredi, 3 Mai, 2013

Elle est partout, aux quatre coins des medias, jusqu’à faire surchauffer micros et caméras. Le 1er mai aura été comme un pic de saturation de la présence et de la parole de Marine Le Pen dans les comptes-rendus et commentaires. Que le rassemblement du FN place de l’Opéra ait été sensiblement inférieur à ceux des années précédentes n’a rien changé à l’affaire! Nous sommes donc en présence d’un choix de traitement délibéré, visant à promouvoir l'égérie de l’islamophobie, de la division du monde du travail, de l’idéologie du «chef». Parmi les mots d’ordre à succès, place de l’Opéra, caracolait en tête de peloton : «communistes assassins». La peste brune n’a donc pas été éradiquée.

Le vedettariat entretenu et cultivé de la fille de son père ne peut relever que d’une stratégie à fondements politiques souterrains mais élaborés, impliquant arrières-cuisines politiciennes et officines de communication. Au sein des réseaux qui mettent sous influence le  traitement de l’actualité politique par certains medias nationaux, existent certainement des personnages qui se meuvent à partir de leurs tendances personnelles à recycler le «plutôt Hitler que le Front populaire» de sinistre mémoire ; des personnages qui considèrent que les catégories populaires sont globalement inférieures à l’idée qu’il se font de leur propre caste… Mais les calculs qui génèrent la surexposition de Marine Le Pen fournissent sans doute l’explication essentielle : lui faire la part belle pour brouiller les pistes vers le Front de gauche et l’alternative à gauche, tout en divisant la droite. Misérables calculs dont un certain 21 avril n’a pas eu raison…

Christian AUDOUIN


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